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Axes d’action

Les actions de terrain menées avec nos partenaires et les communautés concernées, des cours d’école de Dakar aux fonds de la baie.

Changer durablement le rapport à la nature commence dès le plus jeune âge, et c’est la conviction qui guide nos actions de sensibilisation auprès des écoles. Face à la déconnexion croissante des enfants urbains vis-à-vis du vivant et des enjeux de déforestation, nous transformons l’apprentissage en expérience concrète, les mains dans la terre.

29 avril 2021 Dakar — école franco-sénégalaise Dial Diop

Un potager à l’école Dial Diop

Nous avons initié les élèves au compostage et à la plantation, en construisant avec eux un système de production maraîchère. Le compostage occupe une place centrale dans cette démarche : en voyant leurs déchets de cantine se transformer en terreau fertile, les enfants saisissent de manière tangible la notion de cycle, celle où rien ne se perd et où chaque matière retrouve une utilité. Le potager scolaire ne s’arrête pas à la fin de l’atelier : il devient une classe vivante que les élèves entretiennent au fil des semaines, apprenant la patience, la régularité et le lien direct entre le soin apporté à une plante et la nourriture qu’elle finit par offrir. En reliant ainsi gestion des déchets, agriculture et alimentation, nous donnons aux plus jeunes les clés d’une écologie du quotidien, ancrée dans des gestes simples qu’ils pourront reproduire chez eux et transmettre autour d’eux.

  • Des élèves et une animatrice plantent des jeunes pousses dans la cour de l’école.
  • Le jardin scolaire et ses bacs de culture devant un mur peint.
  • Des enfants lèvent la main pendant un cours en plein air devant le tableau.

7 septembre 2025 Dakar — pépinière communautaire

Sentier botanique et semis en pépinière communautaire

Un groupe d’enfants de l’école américaine a découvert un sentier botanique, appris à reconnaître la flore locale et pratiqué le semis d’essences forestières. En tant qu’association de protection de l’environnement, nous plaçons l’éducation au cœur de notre mission : préserver durablement les écosystèmes suppose de transmettre, dès le plus jeune âge, le goût du vivant et la compréhension des équilibres naturels. Chaque atelier est pensé comme une expérience concrète, où l’enfant ne se contente pas d’écouter mais met les mains dans la terre, sème, observe et comprend le cycle d’une plante depuis la graine jusqu’à l’arbre. Le long du sentier botanique, la découverte des espèces locales devient une porte d’entrée vers des enjeux plus larges : la lutte contre la déforestation, l’importance des essences indigènes, ou le rôle des pépinières dans la restauration des paysages. Ces interventions, menées en partenariat avec des associations comme l’Oceanium ou Nebeday, mobilisent une expertise en pédagogie environnementale, en agroécologie et en gestion de pépinière. Au-delà de la simple sensibilisation, notre ambition est de faire émerger une génération plus consciente de son territoire, capable demain d’en devenir actrice et gardienne.

Avec OceaniumNebeday

  • Un animateur explique l’entretien des plants aux enfants au milieu de la pépinière.
  • Des enfants et des adultes plantent un jeune arbre dans la terre rouge.

Certaines espèces, discrètes et méconnues, sont les sentinelles fragiles de la santé de nos écosystèmes, et leur disparition annonce souvent un déséquilibre plus large. Notre travail vise à mieux les connaître pour mieux les protéger.

décembre 2021 Delta de Casamance

Repérage de la loutre à joues blanches

Nous avons conduit une mission d’identification et de repérage de la loutre à joues blanches (Aonyx capensis), une espèce vulnérable au Sénégal. Essentiellement active à l’aube et au crépuscule, cette loutre laisse peu de traces, ce qui rend chaque observation précieuse pour documenter sa présence. Au terme de plusieurs jours de prospection le long des bolongs et des berges, un seul individu mâle a pu être observé, le 27 décembre 2021. Un signalement rare, qui confirme la fragilité de cette population et l’urgence de mieux la suivre. Ce type de mission repose sur une lecture fine du terrain, la reconnaissance des indices de présence (empreintes, coulées) et une connaissance des milieux humides que fréquente l’espèce.

  • Une loutre à joues blanches nage et laisse un sillage sur l’eau.
  • Une loutre traverse une berge sableuse parsemée de racines de mangrove.

Programme en cours Guéréo — Petite Côte

Conservation des tortues marines à Guéréo

Nous appuyons un programme de conservation des tortues marines porté par une initiative communautaire. Deux relais locaux, formés et ancrés dans leur village, sensibilisent les pêcheurs et les écoles à la protection de ces espèces emblématiques et assurent un suivi scientifique rigoureux : protection des nids, identification des espèces, assistance à l’éclosion et renseignement des fiches de suivi. En confiant ce travail à des acteurs de la communauté, le programme transforme d’anciens usagers de la ressource en gardiens du littoral, et inscrit la conservation dans la durée plutôt que dans une action ponctuelle. C’est cette articulation entre savoir scientifique et engagement local qui fait, à nos yeux, la force et la pérennité d’une démarche de protection.

  • Une ponte de tortue marine découverte dans le sable.
  • Des nouveau-nés émergent du nid.
  • Deux nouveau-nés traversent la plage vers les vagues.
  • Une cage grillagée protège un nid sur la plage.
  • Des nouveau-nés sortent du nid au milieu des déchets plastiques échoués sur la plage.

Invisibles depuis la surface, les filets fantômes abandonnés continuent de pêcher pendant des décennies, piégeant et tuant sans fin les poissons, tortues et mammifères marins. Les retirer des fonds est un travail technique, exigeant et parfois dangereux.

11 juin 2023 Baie de Dakar

Campagne de ramassage des filets fantômes

Notre campagne de ramassage de filets fantômes a permis de remonter plus de 2 000 kg de filets et de déchets, redonnant vie à des zones rocheuses et à des épaves asphyxiées. Menée avec l’Oceanium, la fondation Konrad Adenauer et la collectivité de l’île de Gorée, l’opération mobilise une expertise en plongée sous-marine, en logistique d’intervention en milieu marin et en tri et valorisation des déchets récupérés. Pour prolonger l’action sous l’eau vers celles et ceux restés à terre, nous avons également proposé une expérience immersive en réalité virtuelle : équipés de casques VR, les bénévoles et les publics venus pour l’occasion ont pu plonger virtuellement au cœur des fonds marins et mesurer, comme s’ils y étaient, l’ampleur de la pollution qui les asphyxie. Les plus jeunes, trop petits pour plonger, se sont initiés à travers des jeux interactifs de ramassage des déchets dans l’océan, transformant la prise de conscience en expérience ludique et mémorable. Au-delà du nettoyage, chaque campagne devient ainsi un véritable levier de sensibilisation, qui donne à voir au grand public, sous toutes ses formes, la réalité de la pollution qui dort sous nos eaux.

Avec OceaniumKonrad-Adenauer-StiftungÎle de Gorée

  • Une pirogue chargée de filets remontés des fonds marins.
  • Un filet fantôme dressé dans l’eau, des poissons nageant à proximité.
  • Un poisson pris dans les mailles d’un filet abandonné.
  • Des plongeurs hissent un filet par-dessus bord, vus depuis l’eau.
  • Un plongeur en surface à côté d’une bouée de balisage.

Dans beaucoup de situations, les populations locales surexploitent les ressources naturelles parce qu’elles n’ont pas d’autre choix pour survivre. Sans accompagnement adapté, protéger l’environnement de cette exploitation non durable reviendrait à les priver de leurs maigres ressources. Et leur procurer par exemple en échange écoles et postes de santé ne suffira pas, car cela ne leur procurera ni nourriture ni revenus alternatifs. Même les revenus qu’elles peuvent espérer tirer de l’écotourisme qui se développera peuvent très rarement compenser ce qu’elles perdent comme nourriture et revenus de ces activités, pourtant maigres, qu’elles menaient jusqu’à présent.

Il est primordial, à la fois pour des raisons environnementales et sociales, de les accompagner pour qu’elles identifient puis développent des activités économiques nouvelles et durables, qui non seulement remplaceront efficacement leurs anciennes pratiques, mais leur permettront aussi un développement plus important. C’est cependant un véritable défi.

Laos — parc national

Des vanneries de haute qualité au Laos

Les populations vivant dans un parc national du Laos ont vu leurs activités de chasse et de collecte des produits de la forêt, qui leur permettaient de survivre, fortement réduites afin de préserver la biodiversité du parc. Elles ont alors été accompagnées, en particulier via des ateliers participatifs innovants (voir l’axe « Méthodes et outils »), pour d’abord prendre mieux conscience de la valeur de leurs savoirs et expériences, au sujet de la biodiversité de la forêt en particulier. Une filière porteuse a ainsi été progressivement identifiée : la conception de vanneries de haute qualité, confectionnées grâce à leur fine connaissance des différentes variétés de bambous et de pandanus à combiner. Les villageois ont été accompagnés pour s’organiser progressivement, de façon à produire et vendre suffisamment pour remplacer leurs précédentes activités en forêt.

Ces nouvelles activités leur permettent aujourd’hui d’avoir des revenus bien plus élevés : le revenu mensuel d’une famille équivaut aujourd’hui aux frais de construction d’un de leurs foyers (voir le bâtiment sur la photo). Les villageois se sont structurés en groupes d’action, certains gérant l’atelier et la vente dans les foires, d’autres s’occupant de la production et d’autres encore de la gestion durable des ressources naturelles utilisées.

Thaphaiban sur Facebook
  • Les maisons en bois sur pilotis du village, devant des collines boisées.
  • L’équipe au travail : deux femmes tressent au sol dans un atelier.
  • Un pandanus, l’une des espèces utilisées pour la vannerie.
  • Des villageois réunis autour d’une grande carte lors d’un atelier participatif.
  • Paniers, plateaux et nattes exposés dans la boutique.

Donner à ces jeunes des projets de vie valorisants, plus valorisants que les mirages de l’immigration clandestine. Il s’agit bien de projets de vie, et pas seulement de trouver un emploi, d’obtenir une formation qualifiée ou un crédit pour démarrer une activité. Tous ces appuis sont certes indispensables, mais pas toujours suffisants : c’est tout un projet de vie, de réussite sociale, de respect par ses pairs et par sa famille que fait miroiter l’appel de l’immigration clandestine. Une réussite sociale, économique et même psychologique, que l’obtention d’un emploi sur place ne suffira souvent pas à satisfaire.

Cette insertion professionnelle doit s’inscrire dans un projet de vie suffisamment gratifiant aux yeux du jeune, de son entourage et de la société. Ce projet de vie valorisant est à construire par le jeune, en fonction de ses envies, de sa propre analyse de ses compétences, de ce qu’il aspire à être, de façon gratifiante, dans sa communauté et sa société. C’est donc un accompagnement qui combine insertion professionnelle, orientation individualisée et travail collectif de l’entourage, pour que ce projet individuel soit soutenu par le collectif, et que le jeune s’investisse autant dans la construction de son parcours professionnel et de vie sur place qu’il peut, ou qu’il a pu, le faire dans l’aventure dangereuse d’une immigration clandestine.

  • Une pirogue aux couleurs vives amarrée dans un port.
  • Une réunion de groupe dans une salle, les participants assis autour des tables.

Amener des populations à repérer des savoirs et des expériences si habituels pour elles qu’elles n’en ressentent souvent pas la valeur, les laisser imaginer de nouvelles organisations et de nouvelles pratiques qui leur conviennent, tout en s’adaptant aux nouveaux enjeux et aux nouvelles contraintes : c’est un défi pour les outils et les méthodes d’animation à utiliser. Les membres du réseau Tumaini ont accumulé une expérience très innovante sur ces sujets, y compris sur des méthodes originales comme les jeux sérieux de simulation et les systèmes d’information géographique participatifs.

  • Un animateur présente des tableaux illustrés affichés au mur devant un groupe assis.
  • Un atelier en plein air au village : des animateurs présentent un plateau de jeu, les villageois assis sur des nattes et des chaises.
  • Un grand groupe assis sur des nattes sous un grand arbre pour une réunion villageoise.